Lauréat·e·s 2022 – Jeune adulte

Les lauréat·e·s des Prix littéraires Damase-Potvin 2022 ont été dévoilé·e·s le jeudi 21 avril dernier à l’Auberge des Battures de La Baie. Cabane était le thème du concours de nouvelles de la 27e édition.

Au cours de cette soirée, animée par Johanie Bilodeau, on pouvait entendre les comédiens Florence Boudreault et Bruno Paradis lire les textes gagnants. Grâce à la captation de l’événement par NousTv–Le Fjord, une capsule vidéo a été produite pour chaque texte. Ci-après les capsules vidéo et les commentaires respectifs du jury pour la catégorie Jeune adulte.

Bonne écoute !

1er Prix — 31 janvier, bonne année d’Alexandra Rivard

Florence Boudreault lit la nouvelle d’Alexandra Rivard, 31 janvier, bonne année.

Voici les commentaires du jury
«Dans l’urgence d’un hôpital, une mère se décrit à elle-même les bruits et les gestes qui tentent de sauver son bébé. Mais la grande habileté narrative de cette nouvelle remarquablement composée, avec une tension qui monte au rythme de l’angoisse de la mère, tient à ce dialogue qui s’installe en filigrane dans le monologue même, par l’évocation de l’enfant auquel elle parle, comme s’il était encore dans son ventre. Bien sûr il ne répond pas et c’est ce qui rend la relation à sens unique encore plus émouvante, gorgée qu’elle est d’amour et d’espoir : «Je te regarde avec un amour que tu ne vois pas, je te touche avec une tendresse que tu ne sens pas. Les machines clignotent trop souvent et, chaque fois, je m’éteins un peu plus.»

Le transfert du petit être dans un autre hôpital, sans que sa mère puisse l’accompagner, compose une magistrale chute ouverte où se marquent à la fois la distance et l’espoir sous la forme d’un rendez-vous amoureux : « On se donne rendez-vous au CHUL, Louis. J’y serai, et toi? »

Une incontestable réussite, un talent déjà bien maîtrisé, qui annoncent, on le souhaite, une carrière dans l’écriture.»

2e prix — La Dame Blanche d’Alexandre Boily

Florence Boudreault lit la nouvelle d’Alexandre Boily, La Dame blanche

Voici les commentaires du jury
«Le froid est exploité avec brio dans les différentes strates de ce récit d’une grande densité. Il se traduit d’abord par l’hiver, partout autour de la cabane où la narratrice est enfermée et où vient la chercher cette mystérieuse dame blanche qui saigne mais dont les veines sont vides. Et l’une, comme en rêve, met alors ses pas dans ceux de l’autre. C’est encore le froid qui saisit le corps de l’occupante de la cabane, transi par les horreurs que lui font subir des tortionnaires d’autant plus incertains qu’ils sont désignés par l’ambigüité du pronom «iels», ici judicieusement employé.

L’ambigüité semble d’ailleurs le véritable thème de cette nouvelle : les tortionnaires ne sont-ils pas aussi des amants, l’horreur n’est-elle pas aussi volupté? La dame blanche n’est-elle pas aussi le fantasme de mort de la narratrice? Avec une suprême habileté, Alexandre Boily organise l’interpénétration des contraires et leur fusion dans une sorte de fondu au blanc où l’amour à la mort se conjugue comme en un rêve insensé. Un texte troublant, travaillé de reflets, comme une étoffe moirée, où l’auteur joue admirablement de toutes les harmoniques d’une écriture poétique à la musicalité envoutante.»

3e prix — La juste place de Félix Côté

Bruno Paradis lit la nouvelle de Félix Côté, La juste place.

Voici les commentaires du jury
«Cette nouvelle, qui évoque par moment les contes fantastiques du XIXe siècle, par l’inquiétante bizarrerie de certains traits, nous transporte dans un univers à la fois étrange et familier, tel celui que peut traverser un mésadapté dans sa vie quotidienne. Avec une grande habileté, l’auteur travaille en effet le motif de l’adaptation, d’abord sociale puis simplement spatiale, d’un narrateur qui ne parvient décidément pas à trouver un habitat qui lui convienne.

Peu à peu, sous le regard et les réactions des autres à son endroit, le narrateur se sent contraint, restreint, cerné dans son espace vital devenu de plus en plus étouffant, de plus en plus inconfortable. Jusqu’à ce que la chute de la nouvelle, très réussie, le montre se trouvant enfin logis à sa mesure.

Dans le fracas d’un coup de théâtre final où, comme dans certains contes d’Edgar Poe, tout s’éclaire d’une lumière improbable, celle du rêve plus que de la raison, le fin mot de l’histoire est aussi une invite à une lecture rétrospective à la recherche des indices qu’on n’avait pas su voir de prime abord.

Une nouvelle diabolique, ironique, très maîtrisée, qui s’achève dans une pirouette. Ou un éclat de rire.»

Pour lire les textes gagnants, suivez ce lien: https://litteraturesagamie.com/prix-damase-potvin/gagnants/


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